Un prix d’offre, pas une facture totale
En bref
- La CRE recense 931,4 MWc sélectionnés pour 125 projets : une puissance attribuée, pas encore une capacité en service.
- La puissance candidate représente 5,79 fois le volume appelé, signe d’une forte concurrence sur cette période.
- Le dossier ne permet de calculer ni le coût public total, ni les recettes des producteurs, ni les émissions évitées.
- La CRE associe l’intérêt de la concurrence à une recommandation : rendre le calendrier des prochaines périodes aussi prévisible que possible.
Le soutien au solaire au sol devient moins cher à l’attribution, sans que l’économie totale pour les finances publiques puisse encore être calculée. Dans sa publication du 9 octobre 2026, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) établit un prix moyen pondéré de 61,33 euros par mégawattheure (€/MWh), contre 79,48 €/MWh lors de la période précédente. La baisse atteint environ 23 %.
Ce résultat renseigne le prix proposé par les projets sélectionnés. Il ne donne ni leur coût d’investissement, ni leur bénéfice, ni une économie directement répercutée sur la facture des ménages. La question économique porte donc sur deux résultats distincts : obtenir des offres moins coûteuses et transformer les projets retenus en production effective.
Les chiffres clés
- 61,33 €/MWh : le prix moyen pondéré retenu, contre 79,48 €/MWh à la période précédente, selon la CRE, publication du 9 octobre 2026.
- 931,4 mégawatts-crête (MWc) sélectionnés pour 125 dossiers, face à un volume appelé de 925 MWc, selon la CRE, publication du 9 octobre 2026. Le MWc mesure une puissance photovoltaïque dans des conditions de référence, pas une production annuelle.
- 5 358,7 MWc candidats : 5,79 fois le volume appelé, selon les données de la CRE du 9 octobre 2026 et le calcul 5 358,7 ÷ 925.
- 75,48 €/MWh pour les projets du dispositif Petit PV : un niveau supérieur à celui des grandes centrales, mais sur un périmètre différent, selon la CRE, publication du 9 octobre 2026.
Le solaire au sol soumis à une concurrence renforcée
La publication institutionnelle de la CRE du 9 octobre 2026 confirme que les désignations ministérielles suivent ses propositions. Le mécanisme organise une sélection entre les candidatures, avec une puissance à attribuer limitée. L’abondance des projets présentés constitue donc un élément important pour comprendre le résultat.
La CRE considère qu’un nombre limité de périodes peut renforcer la concurrence et diminuer le coût pour l’État. Elle recommande aussi de donner le maximum de visibilité sur le calendrier. Ces deux positions ne se contredisent pas : l’intensité de la sélection agit sur les offres, tandis que la prévisibilité permet aux développeurs d’organiser leurs dépenses et leurs projets.
Selon le calendrier officiel de la CRE, actualisé le 9 octobre 2026, les deux dernières dates limites de candidature de cet appel d’offres étaient le 13 juin 2025 et le 31 juillet 2026. L’intervalle dépasse donc une année. Ce constat concerne ce dispositif précis, pas l’ensemble des soutiens au photovoltaïque.
Combien ça coûte, combien ça rapporte
Pour le solaire au sol, la mesure disponible est un prix d’attribution par unité d’électricité, et non une dépense publique globale. D’après les résultats de la CRE du 9 octobre 2026, la différence entre les deux périodes s’écrit simplement : 79,48 − 61,33 = 18,15 €/MWh. Cette comparaison établit une baisse du prix moyen proposé par les lauréats. Elle ne mesure pas une économie budgétaire annuelle.
Calculer cette dernière demanderait de connaître la production, les paramètres contractuels applicables, l’indexation et les recettes de marché. Multiplier directement une puissance en MWc par un prix en €/MWh serait incorrect : une puissance installée et une quantité d’énergie produite ne sont pas interchangeables. Le dossier vérifié ne fournit pas les éléments nécessaires pour établir une facture sur la durée des contrats.
Le rendement économique des projets reste également inconnu. Le prix retenu n’est pas un bénéfice : les producteurs doivent notamment financer leurs investissements et leurs charges. Le dossier ne chiffre ni ces dépenses, ni leurs recettes annuelles, ni leur rentabilité.
Le bénéfice attendu est une capacité supplémentaire de production électrique. Toutefois, aucune production annuelle ni quantité de CO2 évitée propre à cette sélection n’est documentée. Un coût d’abattement, exprimé en euros par tonne de CO2 évitée, ne peut donc pas être calculé. Les effets sur l’emploi et les importations énergétiques ne sont pas davantage chiffrés.
Qui paie, qui gagne
La CRE identifie, dans sa publication du 9 octobre 2026, le budget de l’État comme bénéficiaire de projets moins coûteux que lors des périodes précédentes. C’est le résultat économique documenté du côté des finances publiques. Le montant net supporté par le contribuable n’est cependant pas fourni.
Du côté des entreprises, les lauréats obtiennent une sélection dans le dispositif de soutien. Cela représente une possibilité de développer les installations, pas une garantie de marge. Le dossier ne permet pas non plus de répartir les volumes entre groupes industriels : cette analyse nécessiterait une liste officielle exploitable et un rattachement documenté des sociétés de projet.
Pour les candidats non retenus, les données de la CRE du 9 octobre 2026 permettent une soustraction : 5 358,7 − 931,4 = 4 427,3 MWc non sélectionnés sur cette période. Cet écart ne signifie pas que tous ces projets sont définitivement abandonnés. Leurs dépenses de développement et leurs perspectives ne sont pas documentées.
Enfin, aucune baisse précise de facture pour les consommateurs ne peut être déduite de ces résultats. Confondre prix d’attribution et tarif de détail ferait disparaître les autres composantes de la facture d’électricité et les modalités du soutien public.
Ce qui reste incertain
Établi : le prix moyen retenu diminue par rapport à la période précédente. En revanche, qualifier ce niveau de minimum historique demanderait une série complète, à périmètre et conditions contractuelles comparables. Le dossier ne la fournit pas.
Probable dans le raisonnement de programmation, mais non mesuré ici : tous les projets attribués ne deviennent pas nécessairement des installations en service. La programmation pluriannuelle de l’énergie publiée le 13 février 2026 utilise une hypothèse de 20 % de projets n’aboutissant pas dans son calcul des capacités à attribuer ou contractualiser. Ce paramètre général ne constitue pas une prévision pour cette sélection.
Débattu : le bon équilibre entre concurrence et continuité du développement. Le résultat montre des offres moins chères, mais ne suffit pas à établir la cause exacte de leur baisse, ni leur viabilité future. Le dispositif Petit PV ne constitue pas non plus un comparateur parfaitement homogène : selon la CRE du 9 octobre 2026, les installations au sol y deviennent éligibles et représentent 8 % de la puissance candidate, aux côtés des autres catégories.
Ce qu’il faut surveiller
Pour le solaire au sol, le premier indicateur sera la conversion des projets sélectionnés en installations raccordées, puis leur production réelle. Le prix proposé prend tout son sens économique lorsque les équipements fonctionnent effectivement.
Le ministère de l’Économie, dans son annonce du 2 avril 2026, visait l’automne 2026 pour publier les modalités d’un soutien photovoltaïque couvrant toutes les technologies. Leur publication effective n’est pas confirmée par cette recherche. Cette annonce ne suffit donc pas à fixer le calendrier définitif de l’année suivante.
Autre échéance : le décret n° 2026-76 du 12 février 2026 prévoit un rapport gouvernemental d’ici au 31 décembre 2026 sur la consommation électrique, la production décarbonée et les flexibilités. Ces données permettront d’éclairer le besoin de nouvelles capacités. Pour juger l’efficacité du soutien, il faudra suivre ensemble le prix des offres, le coût public net et les mises en service.
Sources et documents
- CRE — Résultats des appels d’offres PPE2 PV Sol et Petit PV (octobre 2026)
- CRE — Calendrier de l’appel d’offres photovoltaïque Centrales au sol (Mise à jour du 9 octobre 2026)
- Gouvernement — Programmation pluriannuelle de l’énergie (février 2026)
- Ministère de l’Économie — Lancement d’appels d’offres sur les énergies renouvelables (avril 2026)
- Décret n° 2026-76 du 12 février 2026 relatif à la programmation pluriannuelle de l’énergie (février 2026)
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